Recherches à propos de l'accordage "stretché" 1/2

Écrit par Matthieu. Publié dans Blog.

(en 2013...)

Un accordage est dit « stretché » quand celui-ci est distribué de sorte que chaque intervalle et octave soit plus grand que 100 cents ou 1200 cents. Les notes graves sont généralement accordées plus basses et les notes aigues plus hautes.

accordage stretché

1 - Cette problématique d’accordage était initialement prise en compte par les accordeurs de piano. Lorsqu’une note est jouée sur un instrument à cordes, des composantes sont produites en même temps mais pour des raisons physiques, elles ne sont pas complètement harmoniques et sont dites inharmoniques. L’accordeur de piano utilise donc son savoir et son oreille pour corriger cet effet et faire en sorte que les intervalles entre les notes gardent leur cohérence en réalisant un accordage « stretché ». Il ne pourra pas corriger tous les battements générés par les multiples inharmoniques mais recherchera une progression douce de ces intervalles « stretchés » pour que l’accordage final soit cohérent et musical.

2 - Toujours au niveau d’un piano, l’accordeur peut aussi rechercher à avoir des quintes sans battement sur toute la tessiture. Il réalise pour cela un accordage dit à « tempérament égal à quintes justes ». Il découle de cette technique un rapport entre octaves de 2,003875 au lieu de 2 car elles sont agrandies de 1/7e de comma pythagoricien. L’accordage devient « stretché » dans ce cas aussi. http://fr.wikipedia.org/wiki/Temp%C3%A9rament_%C3%A9gal_%C3%A0_quintes_justes

3 - Une autre raison justifiant un accordage « stretché » est d’adapter l’instrument de musique au lieu et à son utilisation. Pour un concert solo de piano, le musicien peut souhaiter donner un effet plus brillant aux notes aigues et aussi avoir des basses plus « sonores ».

4 - Au-delà des règles physiques régissant les instruments à corde et leur usage, l’accordage « stretché » peut avoir un autre rôle qui intéresse tous les musiciens et acousticiens.

Nos oreilles et notre cerveau évaluent la hauteur d’un son (pitch) de façon subjective. Nous ressentons que les notes aigues sonnent « flat » et que les notes basses sonnent « sharp ».

Un phénomène psycho-acoustique fait par exemple que nous percevons des tonalités justes en dessous de 500Hz puis de façon différente au-delà de 500Hz. Des recherches sur cette notion peuvent se faire à partir d’ici : http://en.wikipedia.org/wiki/Mel_scale

 

Il existe peut-être d'autres raisons justifiant l'usage de cette technique d'accordage (tout ajout ou correction est bienvenu). Contrairement aux l'accordeurs de piano, les accordeurs de Steelpan et autres Handpan peuvent contrôler les harmoniques de chaque note. Ils peuvent donc utiliser les accordages "stretchés" pour les raisons psycho-acoustiques des points 3 et 4. La suite des recherches concerne les rapports entre les courbes dessinées pour stretcher l'accordage et les effets perçus qui en résultent...

Shellopan #1 et #2

Écrit par Matthieu. Publié dans Blog.

(le 9 novembre 2012)

C'est une date très importante pour le projet Shellopan, celle de la première présentation au public de nos créations... c'est environ trois années de maturation, de recherches, de tests, de fabrication d'outillage qui ont précédé cette date. Delphine et moi étions un peu fébriles à l'idée de présenter nos deux premiers instruments que nous considérions comme finis (rétrospectivement, nous pouvons bien sûr dire qu'ils ne l'étaient pas tout à fait !)

A cette époque nous testions beaucoup de manières différentes de faire des coques, à la main, avec un poinçon en bois, par repoussage... Lors d'un concert dans un atelier de carrosserie sur Strasbourg nous avons rencontré Hubert et Paul de l'atelier HH, bien connus dans le monde de la carrosserie d'art et de la réfection de prestigieuses voitures anciennes. Nous avons décidé de collaborer pour découvrir leurs techniques en matière de formage de la tôle, et voir ce qui pourrait en être obtenu après nos travaux d'accordage. Nous avons exploré divers outils et méthodes (emboutissage au maillet, roue anglaise) et enfin une machine ancienne du nom de Pfister (voir photos ci-dessous).

Suite à cette expérimentation, Hubert nous a invité à exposer au salon d'artisanat d'art "Résonance(s)" les créations que nous auront réussi à obtenir avec leur aide et leurs techniques. Ce salon avec ces 16000 visiteurs a débuté le 9/11/2012 et ce fût donc l'occasion de la première présentation au public des "Shellopan" que nous avons alors numérotés #1 et #2.

Matthieu et shellopan 1 et 2

Nous n'avions pas fait de vidéo à cette occasion mais j'ai pu en faire une plus tard et vous la trouverez ci-dessous :

Trouver notre matière première...

Écrit par Delphine et Matthieu. Publié dans Blog.

(retour en 2011 et 2012...)

Les poêles c'est bien, mais on se sent vite limité ! Nous avons rapidement ressenti le besoin d'avoir notre propre matériel. Pour cela, une grosse étape de fabrication d'outillage s'est imposée. Après de nombreux mois, nos feuilles de métal sont finalement devenues des coques et nous avons pu (enfin !) nous concentrer sur le plus important : accorder !

On pourrait qualifier nos tout premiers essais de "crash-tests"...

Puis après quelques mois de pratique et de recherches, nous ébauchons la compréhension de certaines règles intervenant dans l'accordage.

Chaque étape réserve son lot de surprises et d'apprentissage, ainsi après notre premier collage réussi, nous avons pu tester le rendu de notre tout premier prototype... Bien que très loin d'être satisfaisant, cela fut tellement formateur d'en arriver à cette première étape !

Par où commencer ?!

Écrit par Matthieu. Publié dans Blog.

(Nos premières réussites : 25/09/2010)

Après de longues recherches plutôt théoriques, après avoir relu 120x les documents de recherches de PANArt et d'autres acteurs du monde du Steelpan, après avoir trouvé un atelier et vu arriver Delphine dans ce projet encore naissant... nous avons enfin pu nous mettre à la pratique ! Découvrir ses premières sensations en accordant du métal peut se faire avec assez peu de matériel. Nous avons commencé par de simples woks en acier d'une célèbre marque suédoise, des marteaux trouvés aux puces, un accordeur stroboscopique trouvé sur ebay, un analyseur de spectre sur ordinateur destiné à aider l'apprentissage du chant diphonique... voilà tout ce que nous avions !

Le 25 septembre 2010 restera ainsi une date mémorable pour Delphine et moi, c'est à ce moment que nous avons réussit à accorder pour la première fois une note avec sa fondamentale, son octave et sa douzième dans un bout de tôle. Ok, c'était plus par chance que par la maîtrise d'une technique que nous allions mettre encore des années à développer mais c'était tout de même nos premières "réussites"...

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